Le veredict de l’affaire Prestige est un acte de moquerie envers la société

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Ecologistas en Acción refuse le verdict de l’Audiencia Provincial de Coruña sur l’affaire du Prestige et la considère décevante puisque non seulement elle n’a pas pris en compte ni les responsabilités du Gouvernement, ni celles des propriétaires et gestionnaires du navire, mais encore elle a acquitté ceux qui étaient accusés dans le procès. Seulement le Capitaine du navire, M. Apostolos Mangouras, a été condamné à 9 mois pour délit de désobéissance aux autorités espagnoles.

Alors que le verdict reconnaît le mauvais état du pétrolier Prestige, et l’inspection inappropriée faite dans le passé par l’entreprise ABS, les juges ne
ne leur en attribuent pas la responsabilité. « Ecologistas en Acción » estime que si l’état du navire est notoirement déficient, et qu’un accident entraîne un grave renversement de cargaison, la responsabilité est ainsi attribuable à ceux qui ont la capacité de prendre la décision sur la navigabilité du navire, c’est-à-dire, les propriétaires et le capitaine.

Les responsables de l’état du navire sont ceux qui auraient pu prendre les mesures nécessaires en conformité avec les mesures de sécurité et les mettre en place lors de révisions effectués. Ainsi, ces mesures auraient pu être habilitées sur un investissement en mesures de maintenance, amélioration de la structure et coque du navire ou sur le personnel concerné, c’est-à-dire, l’armateur, l’affréteur, le propriétaire et la société d’inspection. L’ouverture de la brèche à cause des intempéries, d’une grande vague ou d’un effondrement de la cloison de la structure, ne s’avère si déterminant comme l’état préalable du navire.

Néanmoins le fait le plus surprenant est l’acquittement du Directeur général de la marine marchande, qui apparait dans le procès comme le seul responsable administratif de l’éloignement du navire accidenté. « Ecologistas en acción » ne considère pas, contrairement à la sentence, que le rapprochement du navire à la côte aurait entraîné plus de problèmes que l’éloignement. À l´époque il existait déjà des protocoles sur le renversement de cargaison et l’expérience même contemplait que près des ports supposaient plus de dégâts économiques et écologiques qu’en pleine mer où le pétrole s’essaime en polluant des centaines de kilomètres le long de la côte, comme on l’a pu corroborer plus tard. Il est impossible d’affirmer que les autorités espagnoles avaient à ce moment un service de conseil adéquat.

Pour Ecologistas en Acción la plus grande catastrophe naturelle de l’État espagnol et une des plus grandes d’Europe, dont les dégâts environnementaux sociaux et économiques sont d’une grande envergure, est soldée par la justice espagnole avec un verdict vide qui nous amène à une véritable indignation.

Ecologistas en Acción considère que le procès judiciaire était déjà corrompu depuis le début puisque les personnes concernées par la prise de décision sur la catastrophe, telles que Mariano Rajoy, Miguel Arias Cañete, Jaume Matas ou Francisco Álvarez Cascos, se retrouvaient sur le banc des accusés.

Une fois de plus, la justice démontre être incapable de juger des catastrophes naturelles d’une telle envergure, et demeurent impunies comme l’affaire de Boliden et les mines d’Aználcollar et maintenant l’effondrement du Prestige.